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Titre : Quand on réalise certaines choses
Auteur : Solhaken
Jour/Thème : 22 mai - il faut se croire aimer pour se croire infidèle.
Fandom : Original - Illusion
Personnage/Couple : Ruyvën
Rating : pg -13
Disclaimer : à moi
Participation au vote de fin de mois :
Note :


Rama poussa la porte de la taverne avec un sourire plein de satisfaction qui eut le don de faire sourire Ruyvën tout autant que Rënko. Le regard du guerrier balaya machinalement la salle basse et voûtée, par réflexe il nota les entrées, les sorties, l’absence de fenêtre et l’escalier qui menait aux étage. Son regard s’attarda sur les courbes généreuses mais encore élégantes de l’une des filles de salle avant de s'égarer sur une table de jeu où les cartes étaient distribuées avec sérieux. Quelques uns se tournèrent vers eux, on jaugea les nouveau venus d’un coup d’oeil rapide, pas d’armes, pas de blasons, rien qui attirent réellement l’attention... Les hommes reportèrent rapidement leur attention, qui sur la table de jeu, qui sur leurs verres.

- Satisfait ? demanda Rënko avec amusement.
- Ose prétendre que tu ne l’est pas toi-même ?

Ruyvën grimaça en les entendant parler en impérial, il siffla un avertissement à voix basse tout en se dirigeant vers la première table libre. Ils ne resteraient pas incognito bien longtemps s’ils faisaient la bêtise de parler leur langue. Rama grommela des excuses qui n’avaient rien de sincères et Rënko haussa les épaules.

- Qu’est ce que vous buvez ?

D’un geste Ruyvën lui indiqua de commander ce qu’il voulait. Ils étaient venus là chercher un moment de détente loin de la cour, et surtout, loin de ceux qui les connaissaient. Ici ils n’étaient que trois hommes anonymes que personne n’avait jamais vu auparavant, il s’en était assuré en mettant son illusion en place. Il n’avait pas oté son masque, il lui avait simplement donné un autre aspect, les deux hommes qui se trouvaient avec lui le savaient pertinemment. S’ils avaient bien oté leurs uniformes pour préférer des vêtements civils, leurs armes, elles, étaient bien présentes, dissimulées sous une autre illusion qu’il maintenant sans même y penser vraiment.

Hélée par Rama la serveuse apporta deux pichets de vins et des assiettes de ragout de poisson. La nourriture sentait bon, et le vin ne semblait pas coupé, l’adresse était bonne. Et si la jeune femme s’attarda plus que nécessaire, aucun des trois hommes n’y trouva à redire. Ruyvën tira de sa bourse une pièce d’argent en même temps que les quelques cuivres nécessaires pour payer le repas. Il sourit en entendant Rama jurer entre ses dents.

- Comme d’ordinaire... Ne pourrais-tu pas, une seule fois, ne pas me prendre de vitesse ? demanda-t-il d’un ton plus amusé que plaintif en regardant la jeune femme s’éloigner.

Elle avait empoché la pièce d’argent sans sourire, mais son regard franc avait donné au guerrier la réponse qu’il voulait. Elle reviendrait plus tard, quand il aurait terminé de manger et de se distraire avec ses compagnons, quand il souhaiterait une distraction d’un autre genre. Rënko les servit avec une expression pensive alors que Ruyvën entamait son assiette.

Les deux hommes discutaient, il ne les écoutait pas vraiment, plongé dans ses réflexions il se demandait ce qu’il lui avait prit. Bien sur, ce n’était pas la première fois qu’il agissait ainsi, servantes, fille de taverne, femmes de la noblesse, il avait toujours obtenu ce qu’il convoitait, ses scrupules ne concernaient que deux questions ; qu’elles soient consentantes, que son plaisir n’ait pas de conséquences sur leurs avenirs.

Il la chercha du regard, accrochant des yeux les courbes qui avaient éveillé son attention. Elle était jolie, à n’en pas douter, plus que cela même. Son geste lui laissait pourtant comme un goût de cendre dans la bouche, quelque chose n’allait pas. Comme si elle avait senti son regard sur elle la jeune femme se tourna vers lui. Son désir se mêla à sentiment de profond malaise.

Il hésita, un geste aurait suffit à la faire venir, il savait fort bien ce qu’il se passerait ensuite, ils emprunteraient l’escalier qui menait à l’étage, elle pousserait la porte d’une chambre à la propreté douteuse, et là il aurait tout loisir de jouir de son corps. Il étoufferait pendant quelques heures les pensées qui le rongeaient, il se laisserait emporter par les sensations, se perdait dans cette féminité comme d’autre se perdaient dans l’alcool. Ruyvën détourna la tête. Il était un adage dans l’armée, parmi ces hommes qui comme lui courraient les filles de joies pour profiter d’une brève étreinte dépourvu de sentiments... “Il faut se croire aimer pour se croire infidèle...” Les hommes le répètaient à l’envie, justifiant par ces mots leur propre inconstance.

Ruyvën se leva, tira quelques cuivres supplémentaires de sa poche et les jeta sur la table.

- Continuez sans moi.

Il vit Rënko lever les yeux vers lui et renoncer à sa question. Ces mots, il les avait lui-même prononcé, les accompagnant le plus souvent d’un haussement d’épaules désinvolte. Dehors, Lashkan attendait, lui aussi protégé par ses illusions. L’étalon glissa ses naseaux dans la main de son maitre en soufflant doucement et Ruyvën appuya son front contre l’encolure arquée.

- Finalement, il n’est pas nécessaire de se sentir aimer pour se penser infidèle, lui murmura-t-il d’un ton amer. On rentre.

Il se mit en selle avec des gestes las, et l’étalon prit de lui-même la route du palais.

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