Titre : Les petites licornes
Auteur :
hinatata
Jour/Thème : 17 février/Le signe de la licorne
Fandom : Raiponce/Tangled (le dessin animé)
Personnage/Couple : Vladimir, Aryana et son père (OC)
Rating : K+
Warnings éventuels : /
Disclaimer : Le film Raiponce appartient à Byron Howard et Nathan Greno. Le conte initial appartient aux frères Grimm (?)
Participation au vote de fin de mois : Non
Notes : Promis, j'ai rien fumé. Et si vous ne comprenez pas, je vous conseille de revoir attentivement ce clip.
« Papa ! »
Vladimir releva la tête de l'épée qu'il affûtait contre une pierre. Le cri avait résonné dans les bois, s'était perdu dans les arbres, mais ses sens aiguisés de chasseur ne le trompaient pas : il provenait de l'Est, vers la souche d'arbre à sa droite, derrière laquelle coulait un mince filet d'eau.
« Papa ! »
La voix se faisait plus pressante, plus angoissée. C'était celle d'une petite fille, à en juger par les trémolos aiguës qui s'échappaient. Vladimir entendait les pas s'écraser fébrilement sur les feuilles craquantes et la terre rendue meuble par les pluies incessantes des derniers jours.
Enfin, elle apparut.
Sortie de derrière un tronc d'arbre, dont un écureuil s'échappa du trou pour s'enfuir entre les branches plus haut, elle se tourna vers lui, et sa bouche forma un O muet d'effroi. Elle portait une robe lilas, ornée de dentelles et de froufrous qui la faisaient ressembler à une religieuse rosissante, rehaussée d'anglaises blondes choucroutées sur le haut de son crâne.
« Qui... Qui êtes-vous ? » demanda-t-elle en reculant d'un pas.
Vladimir ne bougea pas, ne répondit rien.
« Ecoutez, continua-t-elle, s'enhardissant, je cherche mon père, je l'ai perdu de vue, et je ne sais pas comment sortir de ces bois... Pourriez-vous m'aider ? »
Vladimir la fixa un instant puis retourna à son épée. Des étincelles éclataient sous ses yeux tandis qu'il passait la pierre rugueuse contre le tranchant de la lame. La jeune fille s'outra de tant d'indifférence, le sermonna, cria, tapa du pied, et enfin, voyant que rien n'y faisait, se laissa tomber sans grâce aucune à ses côtés sur le tronc d'arbre renversé.
Ils restèrent ainsi en silence un moment, puis elle sortit une à une trois licornes de la poche de son petit gilet rose. Elle les positionna sur ses genoux et commença à les faire bouger, parler.
« Oh, Dame la Comtesse ! Que me vaut l'honneur de votre visite impromptue ? » « Dame Medicis, c'est une nouvelle urgente qui m'amène à votre porte, une nouvelle terrible. » « Entrez, entrez ! »
De temps à autre, Vladimir lui jetait de rapides coup d’œil, comme perplexe. Lorsqu'elle pivota vers lui tout sourire, il n'eut pas le temps de détourner le regard.
« Oh, voyez ! Elle vous fait signe. »
Et elle agita la licorne sous son nez. Il se contenta de loucher dessus.
« Comment vous appelez-vous ?
- Vladimir. »
Ses yeux s'agrandirent, comme si elle avait douté de sa capacité à parler.
« Vladimir comment ?
- Vladimir.
- Moi c'est Aryana de Pompedor, » fit-elle en haussant les épaules devant son obstination.
Il acquiesça.
Les jours passaient et elle ne le lâchait pas. Comment ? Il voulait la laisser seule dans cette forêt hostile ? Son cœur était donc fait de pierre ! Il haussait les épaules, et elle s'exclamait qu'elle avait froid. Il recouvrait ses épaules de son gilet en peau d'ours, et elle se plaignait de sa coiffure qui lui faisait mal. Il détachait ses nœuds papillons dans les cheveux et elle réclamait à manger.
Mais toujours, le soir, au coin du feu, elle faisait danser ses petites licornes, elle les faisait vivre, et Vladimir les suivait des yeux.
Un soir, il en prit une, doucement, entre son gros index et son gros pouce. Elle leva les yeux vers lui, étonnée. Sourit. Et c'était une fille complètement différente de celle qu'il avait connue le tout premier jour. De hautaine et coquette elle était devenue crottée et souriante. Mais toujours capricieuse.
« Mr Vladimir, s'inclina la licorne.
- Mademoiselle Aryana, » répondit la licorne à la voix grave.
Elle éclata de rire, se rejeta en arrière dans son hilarité.
On entendit alors le bruit du galop des chevaux déchirer l'air tranquille de la nuit. Ils se rapprochaient à toute allure, elle cessa de rire. Le sol tremblait à présent. Lorsqu'une voix cria « Aryana ! », elle porta les mains à sa bouche, bouleversée. Un cheval blanc se fraya un chemin parmi les arbres jusqu'à eux, hennit alors qu'on le faisait brusquement s'arrêter. Un homme descendit à bas de sa monture, les larmes aux yeux, Aryana se releva comme un chien maladroit et se jeta dans ses bras. Ils restèrent enlacés quelques secondes.
Jursqu'à ce que Mr de Pompedor semble remarquer la présence de Vladimir.
« Qui est-ce ? chuchota-t-il, mais sans se soucier d'être discret. Il ne t'a pas fait de mal, au moins ?
- Oh non, papa, il m'a aidée à survivre ces derniers jours !
- Vraiment ? »
Mr de Pompador s'approcha de Vladimir avec circonspection, puis inclina brièvement la tête.
« Je vous remercie d'avoir pris soin de ma fille. En échange... »
Il sortit une bourse de la poche de son gilet en cuir.
« Acceptez cet argent. »
Vladimir se leva. De sa carrure imposante, il surplombait l'homme de vingt bons centimètres. Il fixa un instant le patriarche de son visage antipathique puis se détourna vers son matériel de chasse, qu'il se mit à rassembler. Il avait dans l'idée de partir le plus vite possible.
Le père sembla agacé, mais sa fille posa une main apaisante son bras. Elle prit les deux licornes restées à terre. Tourna prestement la tête vers Vladimir. Celui-ci lui tendit la dernière, perdue au fond de sa paume immense. Elle secoua la tête.
« Non... Garde-la. »
Alors elle traversa l'espace qui les séparait et l'enserra de ses bras. Après un tant d'hésitation, Vladimir referma ses grandes mains calleuses sur sa petite taille. Pour la première fois depuis longtemps, un sourire s'épanouit sur son visage.
Merci.
Il la relâcha, la regarda monter derrière son père et agiter une main dans sa direction. Elle s'éloignait avec une moue triste.
« Et Vladimir collectionne les petites licornes... »
Auteur :
Jour/Thème : 17 février/Le signe de la licorne
Fandom : Raiponce/Tangled (le dessin animé)
Personnage/Couple : Vladimir, Aryana et son père (OC)
Rating : K+
Warnings éventuels : /
Disclaimer : Le film Raiponce appartient à Byron Howard et Nathan Greno. Le conte initial appartient aux frères Grimm (?)
Participation au vote de fin de mois : Non
Notes : Promis, j'ai rien fumé. Et si vous ne comprenez pas, je vous conseille de revoir attentivement ce clip.
« Papa ! »
Vladimir releva la tête de l'épée qu'il affûtait contre une pierre. Le cri avait résonné dans les bois, s'était perdu dans les arbres, mais ses sens aiguisés de chasseur ne le trompaient pas : il provenait de l'Est, vers la souche d'arbre à sa droite, derrière laquelle coulait un mince filet d'eau.
« Papa ! »
La voix se faisait plus pressante, plus angoissée. C'était celle d'une petite fille, à en juger par les trémolos aiguës qui s'échappaient. Vladimir entendait les pas s'écraser fébrilement sur les feuilles craquantes et la terre rendue meuble par les pluies incessantes des derniers jours.
Enfin, elle apparut.
Sortie de derrière un tronc d'arbre, dont un écureuil s'échappa du trou pour s'enfuir entre les branches plus haut, elle se tourna vers lui, et sa bouche forma un O muet d'effroi. Elle portait une robe lilas, ornée de dentelles et de froufrous qui la faisaient ressembler à une religieuse rosissante, rehaussée d'anglaises blondes choucroutées sur le haut de son crâne.
« Qui... Qui êtes-vous ? » demanda-t-elle en reculant d'un pas.
Vladimir ne bougea pas, ne répondit rien.
« Ecoutez, continua-t-elle, s'enhardissant, je cherche mon père, je l'ai perdu de vue, et je ne sais pas comment sortir de ces bois... Pourriez-vous m'aider ? »
Vladimir la fixa un instant puis retourna à son épée. Des étincelles éclataient sous ses yeux tandis qu'il passait la pierre rugueuse contre le tranchant de la lame. La jeune fille s'outra de tant d'indifférence, le sermonna, cria, tapa du pied, et enfin, voyant que rien n'y faisait, se laissa tomber sans grâce aucune à ses côtés sur le tronc d'arbre renversé.
Ils restèrent ainsi en silence un moment, puis elle sortit une à une trois licornes de la poche de son petit gilet rose. Elle les positionna sur ses genoux et commença à les faire bouger, parler.
« Oh, Dame la Comtesse ! Que me vaut l'honneur de votre visite impromptue ? » « Dame Medicis, c'est une nouvelle urgente qui m'amène à votre porte, une nouvelle terrible. » « Entrez, entrez ! »
De temps à autre, Vladimir lui jetait de rapides coup d’œil, comme perplexe. Lorsqu'elle pivota vers lui tout sourire, il n'eut pas le temps de détourner le regard.
« Oh, voyez ! Elle vous fait signe. »
Et elle agita la licorne sous son nez. Il se contenta de loucher dessus.
« Comment vous appelez-vous ?
- Vladimir. »
Ses yeux s'agrandirent, comme si elle avait douté de sa capacité à parler.
« Vladimir comment ?
- Vladimir.
- Moi c'est Aryana de Pompedor, » fit-elle en haussant les épaules devant son obstination.
Il acquiesça.
Les jours passaient et elle ne le lâchait pas. Comment ? Il voulait la laisser seule dans cette forêt hostile ? Son cœur était donc fait de pierre ! Il haussait les épaules, et elle s'exclamait qu'elle avait froid. Il recouvrait ses épaules de son gilet en peau d'ours, et elle se plaignait de sa coiffure qui lui faisait mal. Il détachait ses nœuds papillons dans les cheveux et elle réclamait à manger.
Mais toujours, le soir, au coin du feu, elle faisait danser ses petites licornes, elle les faisait vivre, et Vladimir les suivait des yeux.
Un soir, il en prit une, doucement, entre son gros index et son gros pouce. Elle leva les yeux vers lui, étonnée. Sourit. Et c'était une fille complètement différente de celle qu'il avait connue le tout premier jour. De hautaine et coquette elle était devenue crottée et souriante. Mais toujours capricieuse.
« Mr Vladimir, s'inclina la licorne.
- Mademoiselle Aryana, » répondit la licorne à la voix grave.
Elle éclata de rire, se rejeta en arrière dans son hilarité.
On entendit alors le bruit du galop des chevaux déchirer l'air tranquille de la nuit. Ils se rapprochaient à toute allure, elle cessa de rire. Le sol tremblait à présent. Lorsqu'une voix cria « Aryana ! », elle porta les mains à sa bouche, bouleversée. Un cheval blanc se fraya un chemin parmi les arbres jusqu'à eux, hennit alors qu'on le faisait brusquement s'arrêter. Un homme descendit à bas de sa monture, les larmes aux yeux, Aryana se releva comme un chien maladroit et se jeta dans ses bras. Ils restèrent enlacés quelques secondes.
Jursqu'à ce que Mr de Pompedor semble remarquer la présence de Vladimir.
« Qui est-ce ? chuchota-t-il, mais sans se soucier d'être discret. Il ne t'a pas fait de mal, au moins ?
- Oh non, papa, il m'a aidée à survivre ces derniers jours !
- Vraiment ? »
Mr de Pompador s'approcha de Vladimir avec circonspection, puis inclina brièvement la tête.
« Je vous remercie d'avoir pris soin de ma fille. En échange... »
Il sortit une bourse de la poche de son gilet en cuir.
« Acceptez cet argent. »
Vladimir se leva. De sa carrure imposante, il surplombait l'homme de vingt bons centimètres. Il fixa un instant le patriarche de son visage antipathique puis se détourna vers son matériel de chasse, qu'il se mit à rassembler. Il avait dans l'idée de partir le plus vite possible.
Le père sembla agacé, mais sa fille posa une main apaisante son bras. Elle prit les deux licornes restées à terre. Tourna prestement la tête vers Vladimir. Celui-ci lui tendit la dernière, perdue au fond de sa paume immense. Elle secoua la tête.
« Non... Garde-la. »
Alors elle traversa l'espace qui les séparait et l'enserra de ses bras. Après un tant d'hésitation, Vladimir referma ses grandes mains calleuses sur sa petite taille. Pour la première fois depuis longtemps, un sourire s'épanouit sur son visage.
Merci.
Il la relâcha, la regarda monter derrière son père et agiter une main dans sa direction. Elle s'éloignait avec une moue triste.
« Et Vladimir collectionne les petites licornes... »
(no subject)
Date: 2012-02-18 04:18 pm (UTC)(no subject)
Date: 2012-02-21 10:30 am (UTC)