Titre :
Folie furieuseAuteur :
Jour/Thème :
14 Février/Le prix de la magieFandom :
Original - Les Chroniques Des Clairs-ObscursPersonnage/Couple :
SarahRating :
NC-17Disclaimer :
A moiParticipation au vote de fin de mois :
non" Tu dois rester très attentive. Tu es mage. Une mage puissante. Et ça a un prix… parfois très élevé. La puissance attise la convoitise et la jalousie. Certains voudront t'acheter, d'autres te manipuler ou même te soumettre par la force pour te posséder. C'est le prix de la magie face à la bêtise humaine. Mais il y a une autre facette. Celle qui donne les limites. La magie a ses limites, les limites que tu lui donnes. Tes capacités ne sont pas infinies, ne l'oublie jamais. La magie est en toi, à trop l'épuiser, tu peux y perdre la vie."
Sarah se souvenait parfaitement des mots de son maître. Il les lui avait répétés une énième fois durant la dernière leçon qu'il lui avait donnée. Mais cette fois-là, ça avait été différent. Le ton était plus grave, plus solennel. Et ça l'avait marquée.
Il n'avait pas tort. La magie coutait cher. Elle était bien placée pour le savoir…
Des vampires l'avaient attaquée pour boire son sang et posséder ses dons pendant quelques heures. Les moins bêtes, les plus retors, avaient même essayé de la garder captive et bien vivante pour profiter d'elle à loisir et asseoir leur nouvelle puissance. Elle les avait tués.
Des nobles avaient voulu acheter ses talents. Ils lui avaient offert des montagnes d'or, des alliances de rêve et des terres. Mais quand un homme était prêt à trahir son roi, on ne pouvait pas s'y fier. Elle les avait remis à leur place.
Deux hommes qu'elle avait privés de magie pour avoir enfreint les règles étaient revenus se venger. Ils lui avaient pris sa mémoire puis sa famille. Ça lui avait couté les jumeaux. Le souvenir restait amer et douloureux. La folie qui avait suivi était toujours présente, elle. Elle les avait profondément haïs.
Un vampire avait trouvé ses dons trop dérangeants. Il s'était mis en tête de l'éliminer. Il était tout naturellement entré dans sa tête pour la forcer à se donner elle-même la mort. Il avait échoué de peu. Les siens l'avaient cru suicidaire. Elle leur en avait voulu.
Son mari désigné l'avait prise pour un monstre à cause de ce qu'elle était capable de faire. Il n'avait pas voulu prendre le risque qu'elle puisse penser être plus puissante que lui. Alors il l'avait humiliée, rabaissée, brisée. Elle l'avait craint pour ça.
Il y avait eu le Conseil. Ses représentants avaient tout de suite compris à quel point le pouvoir de son sang pouvait la rendre puissante et instable. Eux avaient utilisé un moyen infaillible pour la contrôler : se servir de la magie elle-même pour l'asservir. Et durant des années, elle avait été forcée de leur obéir comme une poupée de chiffon entre leurs mains. Depuis, elle le leur faisait regretter amèrement.
Et il y avait les dieux-démons, les seltohann, et les ladéniens qui l'observaient de lien en attendant qu'elle commette une erreur ou montre la moindre faiblesse pour pouvoir intervenir et tirer leur épingle du jeu. Elle se faisait donc un devoir de ne jamais faillir.
Mais ce jour-là. Le jour où tout avait basculé parce que quelqu'un lui avait fait entendre les pleurs de ses enfants défunts coincés dans un autre plan… ce jour-là, le prix à payer pour appeler la magie ne lui importait plus. Peu importait les ennemis, la jalousie, la peur qu'elle inspirait. Peu importait son corps qui se brisait sous la puissance qu'il était incapable de supporter. Peu importait aussi la terre qui gémissait autour d'elle parce qu'elle puisait trop en elle.
Non, tout ça n'avait pas à entrer en ligne de compte. Pas quand elle avait laissé un monstre lui voler ses enfants et les torturer. Les jumeaux comptaient bien plus que cela. Les jumeaux n'avaient pas de prix. Quelque part au fond de son esprit, elle sentit quelque chose l'alerter, lui souffler que les îles alentour s'enfonçaient sous les flots, lui hurler qu'elle n'y survivrait pas, lui assener qu'elle brisait l'équilibre. Mais elle s'en fichait profondément. Ses enfants seraient libres et quelqu'un devrait leur apprendre la magie, ses limites et son prix. Et finalement, c'était ce qu'elle demandait à la magie pour une vie de dévotion. C'était le prix qu'elle était prête à payer.