1er Janvier - La dame blanche - original
Jan. 1st, 2012 10:27 pmTitre : Chasse au fantôme
Auteur :
phylia
Jour/Thème : 1er Janvier/la dame blanche
Fandom : original - Les Chroniques Des Clairs-Obscurs
Personnage/Couple : Thehauk et l'Enfant
Rating : PG-13
Disclaimer : à moi !
Participation au vote de fin de mois : oui
Note : --
Cher journal,
Le dernier des cinq astres solaires décline lentement à l'horizon. Cela fait maintenant deux mille cinq cent trente-sept fois que mon travail pour la famille royale me pousse à attendre le coucher des soleils. J'ai suivi la piste jusqu'ici, à Mohëlm, et j'espère bien la voir de mes propres yeux cette fois-ci. Voilà trois jours que des témoins affirment voir le fantôme blanc en haut des remparts de la forteresse.
L'Enfant, maitresse des lieux, m'a laissé entrer. Aucune réticence de sa part, contrairement à ce à quoi je m'attendais. Elle est charmante. Les rumeurs colportées à son sujet ne lui font pas honneur. Elle est loin de ressembler au monstre décrit dans les récits de voyage des ménestrels. Bien au contraire, il s'agit d'une femme exquise et aux manières parfaites. Sa beauté n'a d'égale que sa fierté. Au milieu des Reys, ces terribles et terrifiants combattants blancs, elle semble à l'aise, presque dans son élément. Et ils ont tous pour elle une affection sans faille et un dévouement évident. Elle a réellement réussi à domestiquer ces démons. Cette princesse conquérante nous a tous sauvé de la furie des Reys. Les dieux nous soient loués...
Ça y est, les dernières lueurs du jour se sont éteintes. Elle ne devrait plus tarder à apparaitre. Je suis assis entre les créneaux de la plus haute tour de la forteresse qui est aussi la tour centrale de l'édifice millénaire. Je n'aurais jamais cru avoir un jour la chance de pouvoir la visiter à loisir et pourtant l'Enfant a écouté ma demande d'entrer ce matin et m'a seulement invité à "faire comme chez moi". J'avoue avoir été surpris et prudent au début, mais à mesure que la journée s'écoulait, je me suis rendu compte que chacun agissait comme s'il était chez lui ici tout en agissant dans le respect des autres. Même les Reys, ces êtres si frustes et puissants ont étouffé leurs auras pour ne pas m'incommoder, petit humain que je suis.
...
Je m'étais promis de décrire ce que je verrais à l'instant même où mes yeux se porteraient sur l'apparition. Mais je n'ai pas pu... Je l'ai vue ! Vue de mes propres yeux. Et c'était seulement... époustouflant. Je comprends aujourd'hui pourquoi tous les témoins que j'ai pu interroger étaient à la fois terrifiés et admiratifs. Elle est tellement... puissante... belle... fragile... écrasante... Elle est sortie de la tour Nord. Et elle a filé. Je l'apercevais furtivement entre les créneaux, sa longue robe blanche, presque transparente soufflée par le vent, ses cheveux laiteux accompagnant chacun de ses mouvements avec délicatesse. Si elle avait pu voler, j'aurais dit une comète et sa trainée... si irréelle. Puis, elle s'est arrêtée. Et je l'ai entendue. Elle pleurait. Des sanglots si pleins de douleur et de deuil. Au fond de moi, quelque chose a remué. J'ai senti mon estomac se retourner et mon esprit appeler à l'aide. Je n'avais qu'une envie : la rejoindre et la serrer fortement pour la rassurer et lui montrer qu'elle n'était pas seule. Alors que mes pieds m'emmenaient, elle se mit à fredonner. Et c'est là que j'ai compris. Elle pleurait la perte de ses enfants. C'était une langue qui m'était inconnue qu'elle utilisait, mais le sens me parvenait inexplicablement, faisant appel au plus profond de mes instincts. Et là, je sus que je ne pourrais jamais rien faire pour elle. Que je ne pourrais jamais être utile à ma Dame Blanche bien aimée. J'écoutais alors son chant, si beau et si lugubre à la fois. Et je l'admirais, elle, femme brisée et pourtant vivante et active. Car j'avais reconnu l'Enfant, la combattante qui m'avait accueilli avec chaleur. Alors que mon esprit tentait encore de percer le mystère de cette femme si joyeuse le jour et tellement blessée et meurtrie la nuit, je me rendis compte que les larmes coulaient sur mes joues. Je les essuyais du revers de la main et mon cœur fit un bon dans ma poitrine. Je ne la voyais plus, je l'avais perdue ! Je me levai, parcourus l'intégralité de la forteresse du regard pour la retrouver, debout, en haut de la tour sud, me faisant face, me fixant, des dizaines de mètres de vide nous séparant.
Son cri, aussi soudain que strident, me perça les oreilles et l'âme. Et quand elle plongea, dévalant vers le sol à une vitesse vertigineuse, mon souffle s'arrêta. Je ne pouvais pas détourner les yeux de cette Enfant en train de filer vers une mort certaine. Frêle, douce et gracieuse, elle n'en était que plus parfaite dans ce calme qu'elle montrait face à une telle situation. Et je ne la vis plus.
Je fonçais, tête baissée, priant pour avoir déliré. Je priais pour ne pas retrouver son petit corps sans vie au pied de la tour. Et quelque part, mes souhaits furent entendus. Car quand j'arrivais là où elle était tombée, je ne vis rien. Ni garde, ni femme, ni même un rat. Il me fallut près d'une heure pour que les tremblements dans mes mains s'atténuent suffisamment pour me permettre d'écrire ses quelques lignes. Je ne sais pas quoi en penser. Je... j'ignore si j'arriverai un jour à accomplir la mission qui m'a été donnée par le roi lui-même d'arrêter cette femme. Peut-être changera-t-il d'avis quand il saura de qui il s'agit. Peut-être sera-t-il clément en apprenant qui apparait toutes ces nuits en terrifiant la population. Et pourquoi.
Je dois le lui dire avant d'intervenir. Il s'agit tout de même de sa sœur.
Mais en attendant, une chose est sure... La nuit prochaine, j'attendrais à nouveau ma Dame Blanche.
Thehauk, chasseur de démons du roi d'Hédir
Auteur :
Jour/Thème : 1er Janvier/la dame blanche
Fandom : original - Les Chroniques Des Clairs-Obscurs
Personnage/Couple : Thehauk et l'Enfant
Rating : PG-13
Disclaimer : à moi !
Participation au vote de fin de mois : oui
Note : --
Cher journal,
Le dernier des cinq astres solaires décline lentement à l'horizon. Cela fait maintenant deux mille cinq cent trente-sept fois que mon travail pour la famille royale me pousse à attendre le coucher des soleils. J'ai suivi la piste jusqu'ici, à Mohëlm, et j'espère bien la voir de mes propres yeux cette fois-ci. Voilà trois jours que des témoins affirment voir le fantôme blanc en haut des remparts de la forteresse.
L'Enfant, maitresse des lieux, m'a laissé entrer. Aucune réticence de sa part, contrairement à ce à quoi je m'attendais. Elle est charmante. Les rumeurs colportées à son sujet ne lui font pas honneur. Elle est loin de ressembler au monstre décrit dans les récits de voyage des ménestrels. Bien au contraire, il s'agit d'une femme exquise et aux manières parfaites. Sa beauté n'a d'égale que sa fierté. Au milieu des Reys, ces terribles et terrifiants combattants blancs, elle semble à l'aise, presque dans son élément. Et ils ont tous pour elle une affection sans faille et un dévouement évident. Elle a réellement réussi à domestiquer ces démons. Cette princesse conquérante nous a tous sauvé de la furie des Reys. Les dieux nous soient loués...
Ça y est, les dernières lueurs du jour se sont éteintes. Elle ne devrait plus tarder à apparaitre. Je suis assis entre les créneaux de la plus haute tour de la forteresse qui est aussi la tour centrale de l'édifice millénaire. Je n'aurais jamais cru avoir un jour la chance de pouvoir la visiter à loisir et pourtant l'Enfant a écouté ma demande d'entrer ce matin et m'a seulement invité à "faire comme chez moi". J'avoue avoir été surpris et prudent au début, mais à mesure que la journée s'écoulait, je me suis rendu compte que chacun agissait comme s'il était chez lui ici tout en agissant dans le respect des autres. Même les Reys, ces êtres si frustes et puissants ont étouffé leurs auras pour ne pas m'incommoder, petit humain que je suis.
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Je m'étais promis de décrire ce que je verrais à l'instant même où mes yeux se porteraient sur l'apparition. Mais je n'ai pas pu... Je l'ai vue ! Vue de mes propres yeux. Et c'était seulement... époustouflant. Je comprends aujourd'hui pourquoi tous les témoins que j'ai pu interroger étaient à la fois terrifiés et admiratifs. Elle est tellement... puissante... belle... fragile... écrasante... Elle est sortie de la tour Nord. Et elle a filé. Je l'apercevais furtivement entre les créneaux, sa longue robe blanche, presque transparente soufflée par le vent, ses cheveux laiteux accompagnant chacun de ses mouvements avec délicatesse. Si elle avait pu voler, j'aurais dit une comète et sa trainée... si irréelle. Puis, elle s'est arrêtée. Et je l'ai entendue. Elle pleurait. Des sanglots si pleins de douleur et de deuil. Au fond de moi, quelque chose a remué. J'ai senti mon estomac se retourner et mon esprit appeler à l'aide. Je n'avais qu'une envie : la rejoindre et la serrer fortement pour la rassurer et lui montrer qu'elle n'était pas seule. Alors que mes pieds m'emmenaient, elle se mit à fredonner. Et c'est là que j'ai compris. Elle pleurait la perte de ses enfants. C'était une langue qui m'était inconnue qu'elle utilisait, mais le sens me parvenait inexplicablement, faisant appel au plus profond de mes instincts. Et là, je sus que je ne pourrais jamais rien faire pour elle. Que je ne pourrais jamais être utile à ma Dame Blanche bien aimée. J'écoutais alors son chant, si beau et si lugubre à la fois. Et je l'admirais, elle, femme brisée et pourtant vivante et active. Car j'avais reconnu l'Enfant, la combattante qui m'avait accueilli avec chaleur. Alors que mon esprit tentait encore de percer le mystère de cette femme si joyeuse le jour et tellement blessée et meurtrie la nuit, je me rendis compte que les larmes coulaient sur mes joues. Je les essuyais du revers de la main et mon cœur fit un bon dans ma poitrine. Je ne la voyais plus, je l'avais perdue ! Je me levai, parcourus l'intégralité de la forteresse du regard pour la retrouver, debout, en haut de la tour sud, me faisant face, me fixant, des dizaines de mètres de vide nous séparant.
Son cri, aussi soudain que strident, me perça les oreilles et l'âme. Et quand elle plongea, dévalant vers le sol à une vitesse vertigineuse, mon souffle s'arrêta. Je ne pouvais pas détourner les yeux de cette Enfant en train de filer vers une mort certaine. Frêle, douce et gracieuse, elle n'en était que plus parfaite dans ce calme qu'elle montrait face à une telle situation. Et je ne la vis plus.
Je fonçais, tête baissée, priant pour avoir déliré. Je priais pour ne pas retrouver son petit corps sans vie au pied de la tour. Et quelque part, mes souhaits furent entendus. Car quand j'arrivais là où elle était tombée, je ne vis rien. Ni garde, ni femme, ni même un rat. Il me fallut près d'une heure pour que les tremblements dans mes mains s'atténuent suffisamment pour me permettre d'écrire ses quelques lignes. Je ne sais pas quoi en penser. Je... j'ignore si j'arriverai un jour à accomplir la mission qui m'a été donnée par le roi lui-même d'arrêter cette femme. Peut-être changera-t-il d'avis quand il saura de qui il s'agit. Peut-être sera-t-il clément en apprenant qui apparait toutes ces nuits en terrifiant la population. Et pourquoi.
Je dois le lui dire avant d'intervenir. Il s'agit tout de même de sa sœur.
Mais en attendant, une chose est sure... La nuit prochaine, j'attendrais à nouveau ma Dame Blanche.
Thehauk, chasseur de démons du roi d'Hédir