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Titre : Symphonie n°9 en ré mineur, op. 125
Auteur : Plume de plomb
Jour/thème : 23 juin / Hymne
Fandom: euh… l’histoire…^^
Personnages : W.A. Mozart et L. van Beethoven
Rating : PG
Disclaimer : Voilà l’effet que me fait l’idée de ne plus avoir solfège l’année prochaine parce que demain je passe mon examen de dernière année (vais avoir mon diplôme nananèreuh !) et que je déprime déjà d’avance que j’aurai trois heures de cours à l’académie en moins (bien qu’il m’en restera tout de même 4 ou 5 si je ne me décide pas à commencer un quatrième instrument…). Bon, j’ai essayé, avec les quelques connaissances que j’ai, de préserver les caractères originaux de ces deux monsieurs qui restent tout de même les noms les plus connus de la musique classique et romantique (bien qu’ils ne soient pas mes préférés…) en exagérant un peu mais pas trop et en les introduisant dans un UA… Enfin, je n’en dis pas plus, sinon, je vais vous donner un cours d’histoire de la musique à la place…
Participation au concours de fin de mois : non

Un homme à l’allure plutôt élancée, carrure imposante et cheveux en bataille, brassait l’air avec une baguette de bois qu’il tenait fermement dans sa main gauche tout en tripotant stylo bille dans l’autre… Il maugréait contre cette fichue inspiration faisant résonner sa voix rauque et grave dans toute la pièce de travail. Il faisait les cent pas et allait de la porte d’entrée à ses divers ordinateurs qui restaient éteints. Quand il composait, Ludwig préférait de loin le papier. Beaucoup lui disaient que cela faisait vieux jeu mais l’odeur et la texture du papier, le stylo bille qui ne cesse de couler et surtout, cette envie de ne pas faire comme tout le monde, le poussait à préserver cette méthode qui n’était plus employée depuis bien longtemps. Le jeune compositeur était arrivé à nouveau à la hauteur des ordinateurs et de son plan de travail où régnait une pagaille étonnante, feuilles à portées et manuels d’harmonie se mêlaient avec les notes prises à la hâte et les feuilles déchirées et chiffonnées rageusement. Nerveusement, Ludwig s’installa sur sa chaise et tira vers lui une feuille à portées vierge et y griffonna quelques mesures en chantonnant pour lui même… Pendant un court moment, le calme était retombé mais comme à son habitude, il repartit bien vite, chassé par le tempérament de feu du compositeur. Celui-ci venait de se lever brusquement faisant tomber au passage sa chaise en lançant rageusement sa nouvelle boulette de papier à travers la pièce. Boulette de papier qui percuta de plein fouet un robot qui venait d’entrer. La machine autonome n’y prêta pas attention, elle avait l’habitude des sautes d’humeur de l’hôte de son maître. D’une voix pratiquement égale à celle des humains, il annonça à Ludwig que son collègue Wolfgang arrivait afin de lui rendre visite… Il remercia évasivement le robot pour revenir à sa composition qui lui donnait du fil à retordre en critiquant tout de même la voix de la machine qui était encore loin de la perfection.

- Et puis, ce petit arrogant et fils à papa n’est pas mon collègue !
- Ha bon, et que suis-je alors ?

Ludwig sursauta et se retourna vers la porte coulissante, forcément, avec sa surdité grandissante, il n’avait pas entendu le déclic de la porte. Et forcément, Wolfgang le savait et il avait fait exprès de le surprendre alors qu’il était encore en train de se perdre dans ses plaintes. Ludwig restait persuadé que ce petit génie qui le narguait devant lui n’était pas un collègue ! Peut-être parce qu’à cause de lui, il en était où il était, peut-être qu’à cause de lui, son père lui avait mené la vie dure afin qu’il arrive au niveau de ce petit homme frêle et à l’allure supérieure malgré son physique beaucoup plus fragile, peut-être qu’en fait, il l’appréciait mais qu’à cause de son existence, la sienne avait été un véritable calvert. Ludwig aimait la musique, mais son père avait tout fait pour qu’il soit aussi ingénieux que Wolfgang, souhaitant devenir célèbre et terminer ses jours croulant sur l’or et c’était l’égoïsme de son paternel qui l’avait rendu rebelle, voulant briser toutes les règles déjà établies, détestant ce petit génie qui, sans le savoir, était à l’origine de son malaise intérieur. Petit génie qui l’observait bizarrement car son expression s’était légèrement adoucie. Ces souvenirs, Ludwig voulait les chasser et il s’était lancé à cœur perdu dans la composition de cette symphonie, la neuvième à son actif pour le moment dans ce but… mais il savait bien que, comme pour les huit symphonies précédentes, les souvenirs de cette douleur, ce sentiment de rejet et d’être exploité resteraient toujours bien présents… Wolfgang, lui, aimait bien Ludwig, parce qu’il était quelqu’un, il vivait à sa manière et refusait de suivre les règles, il aurait aimé pouvoir être comme lui. Tout le monde l’admirait, lui, le grand Wolfgang Amadeus Mozart, mais il rêvait de pouvoir composer à son gré sans répondre à diverses commandes de tels ou tels généraux importants de Mars ou de Jupiter. Il aurait aimé pouvoir ne pas être tenu par des obligations… il aimait également les piques de son collègues, nerveux et atteint par une surdité grandissante, peste des musiciens, il semblait toujours aussi vivant qu’un jeune enfant, dans la fleur de l’âge ! Le jeune homme aimait également le désordre qui régnait dans cette pièce de travail et d’un air curieux, s’approcha de la table de travail où quelques feuilles étaient généreusement chargées de notes manuscrites et musicales, de rayures et de gribouillis amusants, signe de l’énervement de Ludwig. Il tomba soudain sur un texte. Il se saisit de la feuille et la parcourut du regard : « Ode à la joie, Schiller »

- C’est un joli texte, n’est-ce pas ? Je vais l’ajouter dans la partie des chœurs pour l’introduction du quatrième mouvement !

Quatrième mouvement, partie des choeurs ? Encore une nouveauté tient… Wolfgang resta un moment perplexe… dans les manuels d’harmonie qu’il avait du étudié, jamais il était question de quatre mouvements mais de trois ! Et surtout, des choeurs, dans une symphonie, c'était tout bonnement impensable et contre les bases harmoniques de toutes compositions smphonique! Le jeune homme se demandait pourquoi Ludwig prenait tant de plaisir à démolir les règles de bases de la musique classique que les généraux et les dirigeant des trois systèmes inter-spaciaux de l’empire stellaire de Louis XIV aimaient tant… Encore un point pour lequel Wolfgang admirait Ludwig, celui-ci n’avait pas peur que son public le hue…

- Cependant, j’ai un doute, le titre est cependant très prenant mais… j’aimerai tout de même troquer le mot « Ode » par « Hymne »
- Pensez-vous qu’il sera adopté en tant qu’Hymne inter-spatial ?
- Peut-être pas mais il pourrait très bien en être un !
- Je préfère tout de même le titre original… mais je n'ose pas trop m’avancer car je ne connais pas votre œuvre… elle n’a pas l’air d’être terminée, de plus…
- Et pourquoi le mot « ode » irait mieux que « hymne » ?
- Et bien, parce que c’est le mot qui fait partie du titre original du texte !
- Ha, vous les classiques et votre manie de vouloir préserver ce qui est déjà établi !
- Et bien, ce sont les règles Ludwig !
- Les règles, les règles, bien sûr, vous perdez votre temps en suivant les règles !
- Dites aussi que notre musique n’est pas assez bonne pour vos pauvres oreilles !
- Ne vous moquez pas de moi ainsi ! Je reconnais bien là votre arrogance, Wolfgang !
- Je ne veux point paraître arrogant mais vous me provoquez en m’affirmant que je perds mon temps !
- Oui, vous perdez votre temps ! Vous avez un talent, un don, je suis d’accord avec ça, mais à quoi sert de préserver des règles qui existent depuis des décennies alors que l’on peut faire nouveau et trouver d’autres sons, d’autres harmonies qui seront beaucoup plus agréables peut-être que votre musique bonne à faire dormir les enfants !
- Mais à quoi bon perdre votre temps à inventer de nouvelles choses qui risquent de ne pas être appréciées alors que notre rôle de compositeur est de faire plaisir à un public !
- Qui vous paye grassement, je suppose… tout simplement parce que nous vivons pour risquer et surtout pour la musique, que croyez vous qu’elle deviendra plus tard, si nous ne cherchons pas des nouveautés ? La lassitude arrive toujours très vite, vous devrez mieux le savoir que moi, vous être mon aîné après tout ! Et puis, les règles, c’est à cause d’elles que mon père me battait, pour que je les connaisse par cœur, tout comme vous !

Wolfgang resta un moment interdit devant cette révélation… son collègue et surtout son cadet n’avait pas un caractère rebelle pour rien, apparemment… à cause de lui peut-être ? Il observa Ludwig d’un tout autre œil qu’auparavant et celui-ci, beaucoup plus bourru lui sourit tout de même… Il ne voulait quand même pas que ce petit arrogant perde sa passion et son don pour la musique parce qu’il se sentirait coupable du cas de nombreux enfants, probablement, qui ressemblait au sien…

- « Hymne à la joie », oui, j’aime beaucoup ce titre… finit-il par murmurer dans le but de briser le silence qui s'était installé.
- Je maintiens mon avis sur « Ode à la joie » !

Ludwig secoua énergiquement sa tête de gauche à droite en reprenant ses plaintes contre les plus âgés et leur arrogance.

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