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Titre: Trop de soleil nuit à la santé…
Auteur: Chibi_usagui
Jour/Thème: 13 juillet / Chapeau
Fandom: Saint Seiya
Couple: Milo x Camus
Rating: PG
Warnings éventuels: C’est du comique pour ne pas changer.
Disclaimer:
Tout à M.Kurumada, Shueisha, Toei. 
Participation au vote de fin de mois: Non


Trop de soleil nuit à la santé…



Un rayon de soleil malicieux chatouilla le nez de Milo, qui grogna de déplaisir.

 

Il se redressa en baillant et mit quelques secondes à se souvenir de leurs pérégrinations de la veille : la perte de la carte routière, la panne d’essence et la découverte d’une grange en piteux état.

 

Passer les premières vacances de sa vie commune avec Camus à la découverte des routes françaises amenait son lot d’imprévus.

 

Frottant ses yeux troublés, il sourit soudain en découvrant son cher Camus encore plongé dans les bras de Morphée.

L’impeccable Verseau de la journée s’était transformé en dormeur lové en boule comme un chaton au milieu du foin, et les assauts de Milo contre sa pudeur n’avaient pas épargné ses vêtements.

 

Le Scorpion se préparait à l’avance à la colère de son amant au réveil, quand il récupérerait son pantalon blanc devenu panaché de gris (poussière) et de vert (moisissures), son tee-shirt ressemblant à un torchon à  vaisselle et son caleçon…

Ah mais par Athéna, où donc avait-il pu se débarrasser de cet inutile accessoire ?

 

Le Chevalier du Scorpion se leva très doucement pour ne pas alerter la bête et se rhabilla en secouant une nuée de brins de foin.

Voyons, ils avaient fait l’amour dans la grange - délicieux malgré le chatouillement des graminées – dans l’herbe…

Milo fouilla fébrilement à la ronde, ignorant son estomac qui grondait férocement.

 

- Miloooo ! gémit une voix encore ensommeillée.

 

Oups.

 

Milo répondit incontinent à l’appel et son sourire s’élargit à la vue attendrissante d’un Camus à la chevelure hirsute, dissimulant sa nudité sous le foin.

 

- Bonjour mon glaçon ! s’écria le bouillant Scorpion. Tu as bien dormi ?

- Mouais, répondit Camus qui était encore moins bavard de bon matin. Tu m’as tué, ajouta-t-il avec un regard de reproche.

- Je sais, je sais, je suis le meilleur, se vanta Milo en embrassant fougueusement son amant, qu’il trouvait très désirable dans cette position.

- Toujours aussi sûr de toi…

- Mmmm, c’est la vérité… Mmmm !

 

Camus se leva et repoussa rudement Milo.

 

- N’y songe même pas ! Nous avons des choses plus importantes à faire. Commence par retrouver mes vêtements !

 

Déçu dans son insatiable appétit charnel, le Scorpion se remit à fouiner et poussa un cri de victoire en brandissant un tissu roulé en boule.

 

- Voilà ! Quand même, Mumus chéri, j’ai été très surpris de te découvrir des caleçons ornés de petits pingouins. Tu avais l’air de goûts si austères…

- La ferme Milo, siffla son amoureux en lui arrachant la chose. Je t’ai mille fois expliqué qu’il s’agissait d’un cadeau stupide de Hyoga, qui s’est très certainement fait aider par Shun pour les choisir. Je les utilise pour ne pas vexer mon disciple. Tu sais bien comment il est sensible et facilement blessé.

- Oh, ben tiens ! ricana Milo. Comme s’il vérifiait ce que tu portes en dessous de ton pantalon ! En réalité ils te plaisent !

- Mon pantalon ! l’interrompit Camus en découvrant le drame.

 

Les heures suivantes se passèrent à marcher sur une route baignée d’un soleil de plomb pour tenter de retrouver un peu de civilisation.

 

Milo marchait avec allégresse, savourant la canicule qui lui rappelait le Sanctuaire grec. Derrière lui, un Camus de plus en plus rouge traînait la patte, sa marche encore ralentie par le fait qu’il frottait inlassablement son pantalon dans l’espoir fallacieux de lui redonner un aspect propre.

 

- Milo, tu as de la crème solaire ?

- Non, tu as vidé les deux tubes depuis ce matin. Tu aurais du emporter une casquette.

- Je suis trop vieux pour porter une casquette.

 

Milo éclata d’un rire bruyant.

 

- Dis tout de suite qu’on est des vieux croulants ! On a à peine vingt-quatre ans…

- Mouais… Hyoga s’obstine à m’appeler Maître, j’ai l’impression d’être un vieillard.

- Ton élève est un crétin geignard, qui s’est accoquiné à un chouineur encore pire.

- Ne dis jamais ça devant Ikki.

- Il n’y a que la vérité qui blesse…

 

Camus abandonna. Milo n’avait pas tout à fait tort. Il avait royalement échoué, et n’avait pas pu transmettre à son disciple l’insensibilité caractérisant les Chevaliers des glaces. Pire, accepter son amour pour Milo avait brisé sa propre carapace, et il se sentait désespérément… sentimental.

 

La voix du Scorpion le tira de cette constatation déprimante.

 

- Ouais, Camus ! Une pompe à essence ! Et un café !

 

Ragaillardis, ils accélérèrent le pas.

 

La bâtisse avait la façade lépreuse, les vitres bien sales. Deux tables rondes en fer forgé arboraient une assisse branlante, et les deux parasols blanc rayés de rouge penchaient de manière suspecte. Quand au poste d’essence proprement dit, il donnait l’impression de ne pas avoir servi depuis des lustres.

 

Milo entra d’un pas conquérant dans une salle obscure. Un chat pelé lui fila entre les jambes et se sauva sans demander son reste.

 

Un comptoir poussiéreux et sale d’un côté, des alignements de denrées de l’autre.

Le café servait manifestement aussi de petit magasin.

Une nuée de mouches bourdonnantes voletaient paresseusement aux alentours pour parachever ce tableau peu appétissant.

 

Une femme se montra, un sourire accueillant sur sa face que Milo jugea porcine.

 

Camus commanda poliment deux cafés, des croissants et surtout un moyen de récupérer leur voiture en panne à quelques kilomètres.

 

La matrone s’empressa. On pouvait immédiatement deviner que le touriste lambda était sur cette route perdue considéré comme un citron de saison qu’il convenait de presser un maximum.

 

Les deux guerriers burent du café clair, tiède et fadasse et se gorgèrent mélancoliquement de croissants secs qu’ils soupçonnèrent périmés.

 

Leur rude entraînement avait au moins eu un mérite : ils n’étaient pas difficiles sur la nourriture.

 

Repus, ils soupirèrent en chœur et prirent un instant de repos. Le mari de la patronne était parti sur une antique dépanneuse crachotante dont Milo se demandait si elle parviendrait à tracter leur voiture sans tomber elle-même en panne.

 

- Tu commences à peler de partout, mon canard…

- Oh ça va Milo. Nous allons acheter quelques provisions.

- Ici ? regimba son amant. Tout doit être immangeable.

- Nous n’avons pas le choix.

 

Le Verseau choisit quelques denrées qui lui parurent encore convenables, ainsi que plusieurs tubes de crème solaires. Il résistait depuis de longues minutes à l’envie de gratter ses coups de soleil – après tout il était renommé pour son stoïcisme glacé.

 

Surtout, il sélectionna soigneusement deux cartes routières par mesure de sûreté.

 

Un vacarme de casseroles attira enfin les Chevaliers d’or à l’extérieur, et après un plein d’essence à ras bord, Camus paya le tout en liquide, le petit relais n’ayant pas jugé bon d’installer un système de cartes bancaires.

Milo se demanda ce qui arrivait aux touristes ne possédant pas de billets.

 

- Où sommes nous, en fait ?

 

La réponse presque moqueuse du couple campagnard, clamée avec un bel accent du terroir était un nom de patelin qui fit froncer les sourcils à Camus.

 

- Nous devions passer par Valence.

 

- Vous z’en êtes ben loin, mé foua.  Reprenez donc à droite au carrefour, hé ! Et à propos mon pôvre Môssieur, vous allez avouar une insôlation, vous z’êtes plus rouge que nos tomates !

 

Le Verseau ignora la mise en garde et se concentra sur la carte en maugréant.

 

Quand il releva les yeux, ce fut pour voir un Milo hilare qui brandissait un énorme chapeau de paille orné coquettement d’un petit nœud d’un bleu céruléen assorti à ses yeux.

 

- Mais qu’est-ce donc ce… truc ? sursauta le maître des glaces.

- Je leur ai acheté ce chapeau ! Ils ont raison, les bourrins, tu vas te liquéfier la tête !

- Mais c’est un chapeau de fille !

- Ils m’ont assuré que non ! A la campagne tu sais… Et puis, ce qui compte c’est de protéger ta jolie, si jolie tête. Hyoga me gèlerait sur place si je ne te ramenais pas en bon état physique et mental.

 

Bien des années plus tard, devant la photo ridicule, Camus se demandait encore comment il s’était laissé convaincre de porter cet absurde couvre-chef.

 

 

 

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