6 juin - Moi, à ta place - Original
Jun. 6th, 2008 11:17 pmTitre : Leur histoire
Auteur : KTL
Jour/Thème : 6 juin/Moi, à ta place
Fandom : Original
Rating : G
Disclaimer : A moi ~
Participation au vote de fin de mois : A voir.
Notes : Les personnages appartiennent à un projet beaucoup, beaucoup plus long à la base, qui concerne, eh bien... les deux personnages dont eux causent. Et qui est rédigé à la première personne. Donc, là, je me fais plaisir en montrant d'eux quelque chose qui sera jamais dans le roman.
« -Moi, à ta place, je me mêlerais pas de leurs affaires, prévint Dorian.
-Mais enfin, s’énerva Gaspard, qu’est-ce que je suis censé faire ? Les laisser se planter ? Les laisser se faire du mal ? Les laisser se blesser ?
-Ouais. Un truc dans ce genre-là. »
Les mains dans les poches, Dorian eut un sourire un peu désolé, un peu moqueur, pour l’ami qui le toisait d’un air sévère. Bien sûr, comment Gaspard, qui était si droit et si franc et si abrupt, comment ce garçon qui soutenait toujours les autres sans jamais plier, comment ce type qui avait réussi à élever le dévouement athée au rang d’art aurait-il pu accepter de ne rien faire ?
Pourtant, Dorian était à peu près certain que Gaspard avait conscience que quoi qu’il tente, ce serait inutile. Edwen et Romaric se griffaient trop le cœur pour tenir encore longtemps. Ils rompraient, demain ou la semaine prochaine ou dans un mois, il ne savait pas bien quand mais ça arriverait forcément parce qu’ils s’aimaient passionnément d’un amour enfantin, maladroit et exclusif, que ça leur faisait peur et qu’ils donneraient sans doute n’importe quoi pour pouvoir fuir ce sentiment-là. Même le vide leur paraissait sans doute moins effrayant que l’idée de tomber encore un peu plus amoureux.
Dorian aimait Ed et Rom, il les aimait beaucoup, Edwen car elle était fantasque et fragile, drôle et pragmatique, Romaric car il les connaissait depuis toujours, lui et ses folies passagères ou non, lui et son romantisme indécrottable et douloureux. Dorian les aimait beaucoup, tous les deux, mais dès le début il avait su qu’ils se feraient du mal s’ils s’approchaient trop, et ça n’avait pas raté : un instant d’inattention, Romaric s’était jeté sur Edwen, et trop tard, ces deux-là étaient désormais trop accrochés l’un à l’autre pour qu’il puisse les empêcher de foncer dans le mur. C’était comme ça et ça le désolait, mais il refusait de se laisser déprimer pour une histoire d’amour dont il n’était pas l’un des principaux protagonistes.
Lui ne serait jamais qu’un personnage de second plan dans l’intrigue. Ça lui convenait tout à fait, parce que ça lui laissait beaucoup plus de liberté.
« -Egoïste, finit par lâcher Gaspard. Romaric est ton meilleur ami, pourtant.
-La question n’est pas là...
-Oh, vraiment ? »
Dorian soupira. Tant pis. S’il devait s’expliquer sur sa conduite, autant que ce soit à Gaspard.
« -J’ai tout fait pour qu’ils ne tombent pas amoureux, Gaspard. Vraiment. Parce que c’était clair depuis le départ que ça risquait d’arriver et que si ça arrivait effectivement ça finirait mal. Et que oui, comme tu dis, Rom est mon meilleur ami. Donc, si j’avais pu lui éviter ça, je l’aurais fait. Simplement c’est trop tard, tu vois ? On ne peut plus intervenir maintenant. Laisse-les se faire mal. Sois là pour Edwen à ce moment-là. Si tu es là, elle saura s’en relever. »
Gaspard ouvrit la bouche, prêt à répliquer, puis la referma. Dorian sourit, puis s’alluma une cigarette.
« -Moi, fit-il doucement, cette histoire ne me plaît pas. Parce que je ne sais pas dans quel état ils en ressortiront. Pour être honnête, j’aime pas ça, pas du tout. J’aurais préféré qu’on reste amis tous les quatre. Mais voilà, ça me semble sérieusement compromis.
-Je vois, finit par dire Gaspard, relativement découragé.
-Mais je suis peut-être pessimiste, hein, prévint l’autre. On sait jamais. Ils passeront peut-être la crise avec mention. »
Gaspard haussa les épaules, fataliste, et Dorian songea qu’il y avait quelque chose de terriblement triste à voir Gaspard abandonner.
Gaspard fit ce qu’il fit lui aussi, à savoir ne pas bouger et regarder depuis le banc de touche quelqu’un qu’il connaissait depuis toujours se faire du mal, sans rien dire.
Un mois plus tard, Romaric et Edwen se séparaient.
Six mois plus tard, ils se retrouvaient.
Deux ans après, ils ne vivaient plus dans la même ville et faisaient de leur mieux pour s’oublier.
Gaspard et Dorian, fidèles à leur poste de meilleur ami du héros ou de l’héroïne, resteraient eux aussi liés dans l’ombre. Jusqu’à ce jour dans ce couloir trop blanc, au bout de quinze ans.
« -Moi, à ta place, fit Gaspard lentement, je ne l’aurais pas laissé venir. »
Dorian eut un léger sourire.
« -J’aurais dû lui dire quoi ? « Ecoute, je sais pas qui est l’abruti qui t’a envoyé un faire-part, mais tu vas avoir la délicatesse de pas débarquer pour les voir elle et son gosse et de la laisser tranquille, elle est mariée, putain » ?
-Un truc dans ce genre-là, oui.
-Sauf que je crois que c’est le mari, l’abruti qui a envoyé le faire-part. »
Gaspard ouvrit la bouche, ne dit rien.
« -Me regarde pas comme ça. Il avait peut-être pas tellement envie d’avoir un gosse, en définitive. »
Auteur : KTL
Jour/Thème : 6 juin/Moi, à ta place
Fandom : Original
Rating : G
Disclaimer : A moi ~
Participation au vote de fin de mois : A voir.
Notes : Les personnages appartiennent à un projet beaucoup, beaucoup plus long à la base, qui concerne, eh bien... les deux personnages dont eux causent. Et qui est rédigé à la première personne. Donc, là, je me fais plaisir en montrant d'eux quelque chose qui sera jamais dans le roman.
« -Moi, à ta place, je me mêlerais pas de leurs affaires, prévint Dorian.
-Mais enfin, s’énerva Gaspard, qu’est-ce que je suis censé faire ? Les laisser se planter ? Les laisser se faire du mal ? Les laisser se blesser ?
-Ouais. Un truc dans ce genre-là. »
Les mains dans les poches, Dorian eut un sourire un peu désolé, un peu moqueur, pour l’ami qui le toisait d’un air sévère. Bien sûr, comment Gaspard, qui était si droit et si franc et si abrupt, comment ce garçon qui soutenait toujours les autres sans jamais plier, comment ce type qui avait réussi à élever le dévouement athée au rang d’art aurait-il pu accepter de ne rien faire ?
Pourtant, Dorian était à peu près certain que Gaspard avait conscience que quoi qu’il tente, ce serait inutile. Edwen et Romaric se griffaient trop le cœur pour tenir encore longtemps. Ils rompraient, demain ou la semaine prochaine ou dans un mois, il ne savait pas bien quand mais ça arriverait forcément parce qu’ils s’aimaient passionnément d’un amour enfantin, maladroit et exclusif, que ça leur faisait peur et qu’ils donneraient sans doute n’importe quoi pour pouvoir fuir ce sentiment-là. Même le vide leur paraissait sans doute moins effrayant que l’idée de tomber encore un peu plus amoureux.
Dorian aimait Ed et Rom, il les aimait beaucoup, Edwen car elle était fantasque et fragile, drôle et pragmatique, Romaric car il les connaissait depuis toujours, lui et ses folies passagères ou non, lui et son romantisme indécrottable et douloureux. Dorian les aimait beaucoup, tous les deux, mais dès le début il avait su qu’ils se feraient du mal s’ils s’approchaient trop, et ça n’avait pas raté : un instant d’inattention, Romaric s’était jeté sur Edwen, et trop tard, ces deux-là étaient désormais trop accrochés l’un à l’autre pour qu’il puisse les empêcher de foncer dans le mur. C’était comme ça et ça le désolait, mais il refusait de se laisser déprimer pour une histoire d’amour dont il n’était pas l’un des principaux protagonistes.
Lui ne serait jamais qu’un personnage de second plan dans l’intrigue. Ça lui convenait tout à fait, parce que ça lui laissait beaucoup plus de liberté.
« -Egoïste, finit par lâcher Gaspard. Romaric est ton meilleur ami, pourtant.
-La question n’est pas là...
-Oh, vraiment ? »
Dorian soupira. Tant pis. S’il devait s’expliquer sur sa conduite, autant que ce soit à Gaspard.
« -J’ai tout fait pour qu’ils ne tombent pas amoureux, Gaspard. Vraiment. Parce que c’était clair depuis le départ que ça risquait d’arriver et que si ça arrivait effectivement ça finirait mal. Et que oui, comme tu dis, Rom est mon meilleur ami. Donc, si j’avais pu lui éviter ça, je l’aurais fait. Simplement c’est trop tard, tu vois ? On ne peut plus intervenir maintenant. Laisse-les se faire mal. Sois là pour Edwen à ce moment-là. Si tu es là, elle saura s’en relever. »
Gaspard ouvrit la bouche, prêt à répliquer, puis la referma. Dorian sourit, puis s’alluma une cigarette.
« -Moi, fit-il doucement, cette histoire ne me plaît pas. Parce que je ne sais pas dans quel état ils en ressortiront. Pour être honnête, j’aime pas ça, pas du tout. J’aurais préféré qu’on reste amis tous les quatre. Mais voilà, ça me semble sérieusement compromis.
-Je vois, finit par dire Gaspard, relativement découragé.
-Mais je suis peut-être pessimiste, hein, prévint l’autre. On sait jamais. Ils passeront peut-être la crise avec mention. »
Gaspard haussa les épaules, fataliste, et Dorian songea qu’il y avait quelque chose de terriblement triste à voir Gaspard abandonner.
Gaspard fit ce qu’il fit lui aussi, à savoir ne pas bouger et regarder depuis le banc de touche quelqu’un qu’il connaissait depuis toujours se faire du mal, sans rien dire.
Un mois plus tard, Romaric et Edwen se séparaient.
Six mois plus tard, ils se retrouvaient.
Deux ans après, ils ne vivaient plus dans la même ville et faisaient de leur mieux pour s’oublier.
Gaspard et Dorian, fidèles à leur poste de meilleur ami du héros ou de l’héroïne, resteraient eux aussi liés dans l’ombre. Jusqu’à ce jour dans ce couloir trop blanc, au bout de quinze ans.
« -Moi, à ta place, fit Gaspard lentement, je ne l’aurais pas laissé venir. »
Dorian eut un léger sourire.
« -J’aurais dû lui dire quoi ? « Ecoute, je sais pas qui est l’abruti qui t’a envoyé un faire-part, mais tu vas avoir la délicatesse de pas débarquer pour les voir elle et son gosse et de la laisser tranquille, elle est mariée, putain » ?
-Un truc dans ce genre-là, oui.
-Sauf que je crois que c’est le mari, l’abruti qui a envoyé le faire-part. »
Gaspard ouvrit la bouche, ne dit rien.
« -Me regarde pas comme ça. Il avait peut-être pas tellement envie d’avoir un gosse, en définitive. »
(no subject)
Date: 2008-06-07 02:35 pm (UTC)Ca donne envie d'en lire plus !
(no subject)
Date: 2008-06-07 02:44 pm (UTC)