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Titre : Une vie de méduse
Auteur : KTL
Jour/Thème : 5 juin/Soleil
Fandom : Original
Personnages : ... deux abrutis, dont l'une qui parle ?
Rating : G
Disclaimer : A moi ~
Participation au vote de fin de mois : A voir.

Au fond, tout ça, nous, ça n’a jamais été qu’une histoire de météo. On avait besoin de l’autre pour les changements de saison, sinon on se sentait mal ; au bout de quelques heures, de quelques jours ou de quelques semaines, on se sentait mal à nouveau et on repartait. Jusqu’à la prochaine fois.
Aujourd’hui le soleil brille et je me dis que c’est trop tard. J’espérais trop de choses de toi sans doute... mais il faut croire que tu es voué à toujours me décevoir.
Le soleil brille, l’été arrive et tu es là, mais que veux-tu que cela m’apporte ? Je ne veux pas de ton amitié. Elle est factice, hypocrite et douloureuse. Tu as l’amitié de mauvaise foi, qu’est-ce que j’y peux, moi ? Nous savons parfaitement comment cela va finir, pas vrai ? Je le savais, pourtant, je t’ai recontacté. Pourquoi ? Je n’en sais rien, moi ! J’avais besoin de toi, sur le coup, j’étouffais de ton absence, tout m’a semblé voilé ; ça, puis tout le reste, le fait que je veuille partir, que je m’ennuie tous les jours, que j’ai eu confiance en toi, avant, tout ça s’est mélangé et sur le moment j’ai cru devoir t’appeler au secours. Oh, bien sûr, tu es venu. Tu es comme ça. C’est notre part de lâcheté à nous : on se griffe, on se laisse des bleus, on s’éloigne, on se retrouve, on rit de notre gaucherie et à nouveau on se plaque au mur. Je refuse d’en arriver là à nouveau. Mais c’est ma faute, bien sûr, alors que faire ? Te dire de remballer ton cheval blanc de carton-pâte et ton amure de papier mâché, au revoir, merci pour l’autre soir, en fait je ne veux pas de toi comme ami - à la réflexion je ne veux pas de toi tout court.
Pourtant je sais que dans quelques mois tu me manqueras à nouveau, et qu’à ce moment-là si je t’appelle, tu reviendras sans doute, affectueux et moqueur, terriblement blessant par ton détachement feint, les mots comme des couteaux. C’est ainsi. Je ne sais plus vraiment comment vivre sans toi, cela fait trop longtemps. Même quand tu n’es pas là je ne t’oublie pas, c’est juste un jour sans, un jour d’attente de plus ; et quand tu es là je me révèle incapable de profiter réellement de ta présence.
Qui sommes-nous l’un pour l’autre pour se faire du mal ainsi ? Est-ce que cela a encore du sens ? Réponds-moi franchement. Tu m’as dit hier que tu ne me mentais pas car le faire serait trop fatigant, que je te connaissais déjà trop pour que tu puisses me mystifier avec aisance ; et il est vrai que la moindre expression de ton visage, la moindre hésitation, la moindre inflexion de voix suffisent à me faire savoir quand tu mens. Et, peut-être parce que je le sais, je ressens toujours une douleur sans nom, reste des jours passés. Réponds-moi franchement, n’essaie pas de m’abuser, tu vois bien que c’est inutile.
Tu m’as aimée à chaque fois que je passais à ta portée. Il serait vraisemblable d’ajouter que tu m’as toujours aimée, même quand je n’étais pas là, mais je sais que c’est faux. Tu as cette capacité d’indifférence que... comment dire. Je crois que je ne peux tout simplement plus supporter de voir avec quel flegme tu me laisses partir puis revenir. Tu fais peut-être le fort devant ceux qui ne te connaissent pas, ceux que ton masque trompe ; mais je sais, moi, que tu es incapable de mener ta barque et que tu te laisses flotter au fil de l’eau. En vérité, tu mènes une vie de méduse. Tu es comme elles. Si je te laissais au soleil trop longtemps, tu te dessécherais... tu as besoin de la nuit et de l’obscurité et de l’humidité pour vivre.
Je ne t’en veux pas au point de te tuer, aussi je vais partir une fois de plus. Trois jours, cette fois-ci ; sans doute n’avons-nous jamais fait mieux. Peut-être tout ceci n’était-il rien d’autre que le dernier sursaut d’un amour à l’agonie ; peut-être que je n’aurai plus jamais besoin de toi.
Nous verrons.
Toujours est-il que je passerai l’été et le soleil sans toi.
 

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