[identity profile] ygrain.livejournal.com posting in [community profile] 31_jours
Titre :
Une vieille compagne
Auteur :
Ygraïn
Jour/Thème :
24 Novembre - Solitude
Fandom :
Harry Potter
Personnage/Couple :
OC [Glynis], un peu de Bill Weasley
Rating :
PG
Disclaimer :
L'univers magique du monde merveilleux d'Harry Potter appartient à Rowling, mais je plaide coupable pour Glynis
Participation au vote de fin de mois :
finalement oui

 

 

La solitude, elle connaissait. Depuis 5 ans, c'était sa plus fidèle compagne. Bien sûr, ça lui pesait souvent. Surtout le soir, quand elle se retrouvait seule chez elle ou dans son lit. Mais elle ne regrettait pas.  Enfin si, elle regrettait d'avoir dû faire ce choix, prononcer ces paroles qui l'avaient isolée. Mais elle ne regrettait pas les paroles en elle-même, le choix en lui-même. Elle l'avait fait depuis longtemps même si personne, enfin presque, ne l'avait su. Elle était toujours persuadée que c'était le meilleur pour elle. Elle n'avait fait qu'assumer sa personnalité. C'était ce qu'elle était, personne n'y pouvait rien, pas même elle. Ce n'était pas faute d'avoir essayé de faire semblant. Si elle pouvait revenir en arrière, elle n'aurait rien changé. Mais parfois, enfin souvent, elle aurait aimé que ce choix ne l'isole pas autant.

Elle regrettait que le prix à payer ait été si cher pour elle . Il lui avait tout coûté. Enfin tout ce qui était important... tout sauf la vie et celle qui était devenue sa meilleure amie. Elle n'avait plus aucun contact avec les siens, et ça l'avait cassé, même si elle avait appris à faire avec.  A n'y penser qu'avec un pincement au cœur, le jour de son anniversaire, du leur, de la fête des pères, des mères, les jours de match de l'équipe des Frelons de Wimbourne ou le soir quand elle se retrouvait seule.....

La solitude, c'était allumer le poste de radio quelque soit le programme en rentrant chez elle, pour que l'appartement ne soit plus silencieux. C'était se contenter de cuisiner un repas rapide et facile parce qu’on n’a personne qui peut servir de cobaye à ses essais culinaires. C'était n'avoir qu'un parchemin à qui confier ses opinions sur le dernier livre dégoté chez Fleury & Bott. C'était ne plus fêter son anniversaire (elle n'allait pas s'offrir un cadeau, c'était ridicule) et finir par redouter toutes les fêtes de famille, tel Noël, tant attendue par les autres et qui vous rappelle votre différence, votre solitude. C'était de devoir sortir d'une fête à laquelle votre meilleur amie vous avait invité parce qu'à la voir si heureuse en famille, à les voir se taquiner de manière bon enfant, à ressortir ses vieilles anecdotes, parfois un peu humiliante que seuls vos proches connaissent, ça finissait par vous étouffer et vous faire sentir de trop. Même si ce n'était pas voulu...

La solitude, c'était tout ça, mais plus encore... Pas la mort certes, mais une petite mort quand même. Une impression d'être un fantôme, de ne pas être comme les autres humains et de ne pas savoir pourquoi et comment revenir parmi eux. La solitude, c'était une habitude qu'on finissait par prendre. Pas vraiment une amie ou une ennemie, mais une vieille connaissance qu'on côtoyait et avec qui on finissait par pactiser.
Elle s'était habituée, la plupart du temps, elle n'y pensait pas. De toute façon, elle ne se voyait pas un autre avenir... et ce même si sa meilleure amie, les rares fois que son nouveau job d'auror le lui permettait, la forçait à sortir et à rencontrer des gens, enfin des gars... qui comblait sa solitude l'espace de quelques heures, quelques nuits dans le meilleur des cas.

Mais ce mardi-là, quand elle vit entrer dans le troquet où elle travaillait depuis quelques années une jeune femme à la beauté d'une sirène et un grand rouquin aux cheveux attachés par un catogan et aux bottes de dragon, une petite voix lui murmura que ce compagnonnage était sur le point de prendre fin. Elle hésita un moment, pensa à feindre de se sentir mal... Mais elle ne pouvait pas se permettre une déduction de salaire. Elle haussa les épaules et scotcha un sourire poli sur ses lèvres. Depuis qu'elle avait vu l'enseigne d'une nouvelle boutique sur le chemin de traverse intitulée: Weasley, Farces pour Sorciers Facétieux, elle s'était préparée à l'idée que ça puisse arriver... tout en se disant qu'il y avait peu de chance que ça change quoi que ce soit. Ceux de la tribu avec lesquels elle avait eu quelques liens étaient partis à l'autre bout du monde après leurs études. Bien que visiblement, l'un soit revenu depuis...

Elle vit la lueur de surprise dans les yeux gris quand elle vint les accueillir et devina qu'il sollicitait sa mémoire pour la replacer.  Elle les installa à la meilleure table et lança les jeux de lumière pour ambiance romantique qu'elle avait aidé à mettre au point. Ce qui arracha quelques soupirs de ravissement à la sirène et déclencha moult compliments qu'elle accepta d'un sourire. Elle crut que ça s'arrêterait là, qu'il ne l'avait pas reconnu, qu'il n'arriverait pas à faire remonter à la surface le souvenir qu'il cherchait. Elle le crut, jusqu'à ce qu'il se tourne vers elle et lui adressant un sourire charmeur, dise :
_ Merci Candy, c'est parfait!
Elle soupira vaincue:
_ C'est Glynis.
_ Ah oui c'est ça. Glynis McLowell. Désolé, mais il t'appelait toujours Candy et pas moyen que l'autre nom me revienne.
Elle eut un sourire triste:
_ Il avait parfois des idées bizarres qui tournaient à la fixette.
_ Il en a toujours. Mais c’est aussi ce qui fait son charme, non ? » demanda-t-il avec un sourire, un peu railleur. Il n’attendit pas sa réponse : «  Je te présente Fleur Delacour, ma fiancée. Fleur, Glynis McLowell, alias Candy, la meilleure amie de mon frère Charlie. »

Les mondanités auraient pu continuer ainsi si son patron ne l'avait pas brutalement  rappelée à l'ordre pour qu'elle s'occupe des autres clients. Elle s'excusa et se remit au travail.
Cela pouvait encore en rester là. Aucune raison qu'ils se revoient et discutent des heures. Ce n'était pas comme s'ils avaient été amis auparavant. Trois ans de différence quand on était enfant, c'était énorme et ça marquait.  Pourtant en voyant son regard pensif la suivre par moment, elle pensa à nouveau qu'une nouvelle ère commençait pour elle. La solitude, c'était terminé. Et si l'un était rentré d'Egypte pour se fixer à Londres, l'autre, le seul qui ait jamais compté, le premier à l'avoir abandonnée, finirait peut-être aussi par revenir de cette Roumanie où il s'était exilé... 


(no subject)

Date: 2007-11-25 01:18 am (UTC)
From: [identity profile] solhaken.livejournal.com
J'aime beaucoup !!!
C'est un super texte. Je n'ai pas pu poster sur le thème :-/ le nano m'a laisser vidée au niveau écriture -_- je regrette encore plus en lisant ça, il y avait vraiment beaucoup à exploité sur le theme.
Et j'ai toujours envie d'en savoir plus sur eux ! =D

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