23 septembre - ne m'oublie pas - original
Sep. 23rd, 2007 11:55 pmTitre : Le départ
Auteur : Ygraïn
Jour/Thème : 23 septembre - ne m'oublie pas
Fandom :original
Personnage/Couple : 1 mère et son fils
Rating : tout public
Disclaimer :à moi
Participation au vote de fin de mois : Oui
Il part. Il lui avait annoncé ça entre la poire et le dessert… Enfin presque, chez eux, c’était presque toujours plat unique et en fait, il buvait à petites gorgées son thé brûlant. Mais bon, ça revenait au même.
Elle avait commencé à débarrasser la table. A peine le temps d’empiler les assiettes qu’il avait lâché sa bombe puis avait plongé le nez dans le breuvage sucré, évitant son regard, mais ne pouvant passer à autre chose comme il l’avait visiblement prévu…
Elle n’avait rien dit. En fait, elle n’avait absolument pas réagi ! Et il en était resté surpris.
Elle n’avait pas crié comme Mma Botswe, elle n’avait pas pleuré comme Mma Mokote, elle ne s’était pas évanoui, n’avait fait aucune récrimination… Bref rien de tout ce qu’il avait imaginé comme possibilité et qu’il s’était longuement entraîner à contrer.
Elle n’avait rien fait non. Cela n’aurait servi à rien… seulement à les mettre mal à l’aise tous les deux. Il ne changerait pas d’avis de toutes façons Alors, à quoi bon. ?
Pour être honnête, elle n’avait pas été vraiment surprise par l’annonce. Ce n’était pas comme si c’était le premier du village à partir… loin de là… Elle avait juste espéré que ça viendrait plus tard… ou pas du tout avec un peu de chance et la volonté du Seigneur.
Elle n’avait pas vraiment compris pourtant…Pas compris qu’on puisse quitter les sables bruns du Kalahari ou ce merveilleux pays qu’était le Botswana. Pas compris comment on pouvait survivre loin des odeurs des acacias, des pastèques sauvages et des melons. Pas compris comment on pouvait se priver des tons brun, oranger et bleu de ce désert et de la lumière pour le gris et le froid de la ville… La vie était dure certes, mais on mangeait souvent à sa faim et on vivait dans le plus merveilleux des pays. Comment croire qu’on pouvait être plus heureux là-bas ?
Pourtant les jeunes semblaient le croire… même le fruit de ses entrailles.
Elle avait fini de débarrasser la table et s’était résolue à demander :
_Quand ?
_ Ce soir, à la tombée de la nuit, avait-il répondu rapidement.
Elle avait hoché la tête pour signifier qu’elle avait compris et avait pris son panier pour la cueillette des gommes d'acacia. La vie continuait.
Au moment des adieux, elle l’avait longuement serré dans ses bras. Et alors qu’il s’apprêtait à s’éloigner sur la longue piste en terre battue, elle n’avait pu s’empêcher de lui dire :
_ Ne m’oublie pas.
Il avait hoché la tête pour signifier son accord, sa promesse.
Il pensait à l’argent. A celui qu’il mettrait de côté en travaillant là-bas, celui qu’il lui enverrait chaque mois. Ces mandats qui nourriraient la famille et participeraient au développement du village. Ces mandats pour lesquels elle entreprendrait chaque mois une longue marche. La poste était à plusieurs dizaines de kilomètres de ce village....
Mais elle parlait de ses racines, de leurs ancêtres, de ces odeurs qu’on ne trouve qu’ici, de leur façon de vivre… bref de toutes ces petites choses qui faisaient sa vie, son bonheur, ce qu’elle était tout simplement.
Elle ne pensait pas à l'argent. Elle songeait que ceux qui partaient avaient beau aimer leur pays, ils ne revenaient pratiquement jamais... Que leurs enfants ne seraient jamais d’ici, mais de là-bas…
Pour elle, pour les petits-enfants qu’elle aurait un jour, elle voulait croire qu’il puisse en être autrement….
Si envers et contre tout, il se souvenait de qui il était vraiment et d'où il venait, s'il racontait à ses enfants leur grand-mère alors peut-être... peut-être que l'un d'entre eux reviendrait.
Auteur : Ygraïn
Jour/Thème : 23 septembre - ne m'oublie pas
Fandom :original
Personnage/Couple : 1 mère et son fils
Rating : tout public
Disclaimer :à moi
Participation au vote de fin de mois : Oui
Il part. Il lui avait annoncé ça entre la poire et le dessert… Enfin presque, chez eux, c’était presque toujours plat unique et en fait, il buvait à petites gorgées son thé brûlant. Mais bon, ça revenait au même.
Elle avait commencé à débarrasser la table. A peine le temps d’empiler les assiettes qu’il avait lâché sa bombe puis avait plongé le nez dans le breuvage sucré, évitant son regard, mais ne pouvant passer à autre chose comme il l’avait visiblement prévu…
Elle n’avait rien dit. En fait, elle n’avait absolument pas réagi ! Et il en était resté surpris.
Elle n’avait pas crié comme Mma Botswe, elle n’avait pas pleuré comme Mma Mokote, elle ne s’était pas évanoui, n’avait fait aucune récrimination… Bref rien de tout ce qu’il avait imaginé comme possibilité et qu’il s’était longuement entraîner à contrer.
Elle n’avait rien fait non. Cela n’aurait servi à rien… seulement à les mettre mal à l’aise tous les deux. Il ne changerait pas d’avis de toutes façons Alors, à quoi bon. ?
Pour être honnête, elle n’avait pas été vraiment surprise par l’annonce. Ce n’était pas comme si c’était le premier du village à partir… loin de là… Elle avait juste espéré que ça viendrait plus tard… ou pas du tout avec un peu de chance et la volonté du Seigneur.
Elle n’avait pas vraiment compris pourtant…Pas compris qu’on puisse quitter les sables bruns du Kalahari ou ce merveilleux pays qu’était le Botswana. Pas compris comment on pouvait survivre loin des odeurs des acacias, des pastèques sauvages et des melons. Pas compris comment on pouvait se priver des tons brun, oranger et bleu de ce désert et de la lumière pour le gris et le froid de la ville… La vie était dure certes, mais on mangeait souvent à sa faim et on vivait dans le plus merveilleux des pays. Comment croire qu’on pouvait être plus heureux là-bas ?
Pourtant les jeunes semblaient le croire… même le fruit de ses entrailles.
Elle avait fini de débarrasser la table et s’était résolue à demander :
_Quand ?
_ Ce soir, à la tombée de la nuit, avait-il répondu rapidement.
Elle avait hoché la tête pour signifier qu’elle avait compris et avait pris son panier pour la cueillette des gommes d'acacia. La vie continuait.
Au moment des adieux, elle l’avait longuement serré dans ses bras. Et alors qu’il s’apprêtait à s’éloigner sur la longue piste en terre battue, elle n’avait pu s’empêcher de lui dire :
_ Ne m’oublie pas.
Il avait hoché la tête pour signifier son accord, sa promesse.
Il pensait à l’argent. A celui qu’il mettrait de côté en travaillant là-bas, celui qu’il lui enverrait chaque mois. Ces mandats qui nourriraient la famille et participeraient au développement du village. Ces mandats pour lesquels elle entreprendrait chaque mois une longue marche. La poste était à plusieurs dizaines de kilomètres de ce village....
Mais elle parlait de ses racines, de leurs ancêtres, de ces odeurs qu’on ne trouve qu’ici, de leur façon de vivre… bref de toutes ces petites choses qui faisaient sa vie, son bonheur, ce qu’elle était tout simplement.
Elle ne pensait pas à l'argent. Elle songeait que ceux qui partaient avaient beau aimer leur pays, ils ne revenaient pratiquement jamais... Que leurs enfants ne seraient jamais d’ici, mais de là-bas…
Pour elle, pour les petits-enfants qu’elle aurait un jour, elle voulait croire qu’il puisse en être autrement….
Si envers et contre tout, il se souvenait de qui il était vraiment et d'où il venait, s'il racontait à ses enfants leur grand-mère alors peut-être... peut-être que l'un d'entre eux reviendrait.
=)
Date: 2007-09-23 11:41 pm (UTC)C'est... "doux"... les choses sont dite sans insister et les personnage traité avec pudeure. j'ai trouvé ça trés agréable à lire.
Re: =)
Date: 2007-09-26 11:18 pm (UTC)Je suis d'autant plus sensible que c'est la première fois que j'essaie de répondre à thème imposé en un mot et en une journée(même si j'ai déjà une fois essayé de repondre à 1 défi, mais on m'avait imposé la situation en fait et c'est très différent)... et seulement la seconde fois que je me laise aller à du original.. sans le cadre rassurant de série où on pose sa fanfic... C'est très différent et pourtant j'aime bien en fait surtout pour un one shot court... sans la perspective de faire un long récit dessus... je recommencerai sans doute...
Je n'étais pas parti sur ce thème à la base, j'avais commencé un truc sur alzheimer.. Ca me tenait à coeur et pourtant finalement, j'ai bifurqué et ce texte en est le résultat... C'est ce qui m'inspirait ce soir là!! Je finirais l'autre plus tard sans doute...
Je suis contente que ça t'ait plu, j'avais peur qu'on ne puisse pas vraiment accroché aux personnages, compatir, car ils sont à peine esquissés..La mère et le fils et l'espoir final qu'elle ne peut s'mpêcher d'entretenir...
C'est étonnant qu'au final, le résultat soit quelque chose qui puisse petre qualifié de "doux" parce que certains trucs évoqués sont cruels (cf la marche future le mère pour ces mandats qu'elle ne peut s'empêcher d'accepter et d'aller chercher alors qu'elle n'aime pas ça ou le fait qu'il ne reviendra jamais... mais c'est vrai que je n'ai pas voulu insister là-dessus... Je voulais un conflit san heurt frontal en fait...
Merci encore d'avoir laisser un commentaire après ta lecture, ce fut une magnifique surprise...
Re: =)
Date: 2007-09-27 07:02 am (UTC)C'est vrai, mais c'est la façon dont c'est écrit qui est douce, ça coule sans heurt, la douleur, et le chagrin des personnages, les douleurs à venir, sont décrite avec délicatesse et c'est ça qui est "doux". Et ça renforce les choses à mon gout. Cette calme acceptation des choses est beaucoup plus touchante que des cris et des pleurs.