21 décembre
Dec. 21st, 2007 11:56 pmAuteur : GabyLC
Jour/Thème : 21 décembre/Fatalité + ust
Fandom : Jacques le Fataliste et son Maître
Personnage/Couple : Jacques/son maître
Rating : PG-13 pour quelques sous entendus
Warnings éventuels : intentions peu louables de la part du maître, homosexualité, loose absolue
Disclaimer : Que j'aimerais être Diderot ! Mais malheureusement, c'est loin d'être le cas XD Ma déformation professionnelle avancée au point de fiquer sur les bouquins étudiés en Littérature par contre...
Participation au vote de fin de mois : nop, à priori
Lecteur, je dois vous avouer que je suis dans l’embarras le plus complet. J’ai depuis longtemps fini de vous raconter l’histoire du voyage de Jacques et son Maître. Je pensais vous l’avoir restitué de la manière la plus fidèle possible, et pourtant, il n’y a pas quinze jours, j’ai reçu une lettre. Une lettre ? La belle affaire ! me direz-vous. Seulement, il me semble malhonnête de vous dissimuler son contenu, puisqu’elle comprend des révélations qui ne manqueront pas de vous passionner, à moins que je ne sois un bien mauvais conteur.
Lecteur, s’il vous plait, ne me pressez pas. Tout vient à point à qui sait attendre. Laissez-moi d’abord vous expliquer comment je suis entré en possession de cette lettre… - Non, racontez-nous ce qu’elle contient ! - J’ai un ami qui excelle aux échecs, nous faisons quelques parties parfois… - Et la lettre ? - Cet ami donc… - La lettre ! – Lecteur, cela suffit. Je vous trouve bien impertinent. Les histoires des amours du maître vous ont donc tant manquées ? – Quoi, il s’agit donc des amours du maître ? – Bien entendu, je ne vous l’avais pas dit ? Enfin, cela n’est pas le sujet. Je serais bref, mais laissez-moi raconter l’histoire de mon ami qui joue aux échecs, ou je ne vous dirais plus un mot sur le message de cette lettre.
Cet ami vit à Paris et je l’ai rencontré dans un certain café bien connu. Il jouait aux échecs, comme à chaque fois qu’il m’a été donné l’occasion de le voir. C’est aussi de cette manière qu’il fit la connaissance du maître de Jacques. Tous deux pouvaient jouer durant des après-midi entières sans jamais se lasser, installés sur un bout de table, les sourcils froncés. Entre eux, un assez vieux plateau de jeu, sans doute quelque cadeau d’un vieil oncle. Le maître avait la main en l’air, s’apprêtant à avancer son cavalier ou peut-être sa reine. L’autre l’observait par en dessous, essayant de lire dans son esprit comme dans un livre ouvert. Je tiens tout de même à vous préciser que le maître était un excellent joueur. Il avait trouvé un élément dans lequel il pouvait exercer son art divinatoire, deviner le futur grâce aux prophéties qu’il lisait dans les attitudes de son adversaire. Au demeurant, c’était assez facile de prévoir les actions du Destin puisqu’il les décidait pour moitié au cours du jeu.
A force de s’amuser à écrire le Grand Livre de leur petit monde de bois et de corne, ils se lièrent d’une amitié sincère. Petit à petit, ils entrecoupèrent leurs parties de quelques discussions sur la métaphysique, chose sur laquelle ils étaient toujours d’accord puisqu’ils n’y comprenaient rien. Même après son installation au château de Desglands, si tant est qu’il s’y soit réellement établi, le maître ne renonça jamais à ses parties régulières et à chaque fois qu’il était de passage à Paris, il revenait faire une visite à notre vieil ami commun. C’est ainsi que j’ai eu vent d’un certain nombre de détails sur le voyage qu’il a effectué avec ce brave Jacques. La lettre que j’ai reçue est donc l’une de ces précisions, et elle est des plus précieuses puisqu’elle concerne les amours dont vous êtes si friands. Elle est aussi des plus intimes, aussi je vous serais gré de ne pas la répéter à n’importe qui et de la garder pour les petites sociétés privées.
Notre histoire – ou plutôt notre anecdote – se déroule à l’Hôtel du Grand Cerf. Souvenez-vous, nous avions laissé Jacques ivre s’endormir sur une chaise, ou par terre, selon votre préférence. Ce que j’avais oublié de vous préciser, c’est que le maître n’avait pas eu le cœur de laisser son valet et l’hôtesse vider seuls les bouteilles de champagne si gracieusement offertes par cette dernière. Seulement, c’était sans doute dû à une certaine habitude des soirées passées en société, le maître n’était pas de ceux qui s’écroulent pour si peu. Cependant il ne lui en fallait pas plus pour lui chauffer la tête un peu plus que de coutume.
Une fois couché, il se tourne, se retourne dans ses draps. Il en tire un bout à lui, le rejette. Il tente de mettre sa tête sous l’oreiller, dessus, coincée entre les deux extrémités repliées, rien n’y fait. Le sommeil le fuit comme un lâche pendant que Jacques dort du sommeil du juste. Le maître peste, mais Morphée ne paraît pas y prêter attention puisqu’elle continue de l’ignorer superbement. Il n’a donc plus qu’à goûter la malédiction du philosophe, que Jacques a due expérimenter quelques fois, qui est de penser au lieu de se reposer.
A quoi pensait-il ? Justement, j’y viens. Il pensait à Jacques. Voila qui est bien naturel ! Il le jalousait de pouvoir ronfler à son aise alors que lui se tournait et de retournait en vain dans son lit. Cela pourrait être en effet, mais la vérité est bien différente, lecteur. Il pensait bien à Jacques, et il lui en voulait effectivement de dormir aussi profondément. Peut-être, pensait-il en réalité, que l’alcool aidant, Jacques aurait oublié quelques unes de ses réticences. En fait, pour être tout à fait honnête avec vous, le maître espérait bien abuser de la situation et de son valet en même temps.
Oh, il avait bien essayé à quelques reprises d’aborder le sujet. Ces quelques tentatives avaient été des échecs totaux, qui n’avaient fait que lui confirmer que son manque de chance en amour s’appliquait aussi bien à ses relations avec des femmes que celles avec des hommes. En sommes, il ne parvenait jamais, ou presque, à conclure. Il en restait au stade ingrat de celui qui fait mille bêtises pour séduire sans jamais être récompensé. Hé bien, vous croyiez donc qu’il se laissait mener par Jacques, qu’il acceptait cette inversion des rôles contre nature, par simple stupidité ? A moins que vous ne considériez l’amour comme une stupidité, vous vous êtes fourvoyés encore une fois, lecteur.
A force de tourner dans son lit en retournant dans sa tête des moyens de détourner les amours de Jacques de leur objet premier, c’est-à dire Denise, le maître finit par sombrer dans une nuit sans rêve et sans solution à son problème. Ce n’était pas la première ni la dernière fois qu’il essaierait de planifier ses coups pour parvenir à ses fins. Ce n’était pas non plus la première ou la dernière fois qu’il échouait. Il regrettait alors de ne pas pouvoir se persuader que s’il était écrit là haut qu’il réussirait à mettre Jacques dans son lit, cela finirait bien par arriver ; alors que si le contraire avait été décidé, il n’y avait plus rien à espérer. Mais je vous l’ai déjà dit, le maître était doué aux échecs, et il était convaincu que cela s’appliquait à tous les domaines de sa vie.
(no subject)
Date: 2007-12-21 11:21 pm (UTC)(no subject)
Date: 2007-12-22 12:50 am (UTC)*fan de Diderot aussi*
(no subject)
Date: 2007-12-22 02:56 pm (UTC)Tiens, tu as lu "Vie et opinions de Tristram Shandy", de Sterne ? C'est une des inspirations de "Jacques le fataliste et son maître", un livre anglais, et même si au niveau philosopique ce n'est pas aussi profond que Diderot, au niveau écriture novatrice et débilité profonde, c'est vraiment, vraiment excellent ! Et c'est bien d'avoir un peu les sources de Diderot...
(no subject)
Date: 2007-12-22 03:17 pm (UTC)Nop, je l'ai pas lu, même si le prof nous en a parlé comme source de Diderot... Mais si c'est aussi débile, ça me plaira surement, il va falloir que je me le procure !
(no subject)
Date: 2007-12-22 03:19 pm (UTC)(no subject)
Date: 2007-12-22 05:58 pm (UTC)... C'est pas très constructif, je sais -__-" Dodooo.